La technologie aidant, le concept de "one man band" est de plus en plus répandu. Mais ce n'est pas tout de faire de la musique tout seul, chez soi par exemple, il faut encore la (re)produire sur scène pour la rendre "vivante", et plus encore, il faut tenir une scène. Reconnaissons que les trois qui se sont présentés à nous ce soir-là ont fait plus que réussir à nous convaincre. Prenons le premier, Un Poquito Senor. Son registre : reprendre des chansons de la variété française à la façon d'un Elvis péruvien. Ses armes : un poste hifi qui crache des versions ébouriffées de Téléphone, Patricia Kaas, Johnny Halliday et un costume de scène à faire pâlir Lady Gaga. En dix minutes, le gars emballe tout le monde par son humour, son charisme et son incroyable énergie ! Totalement fun. Vient ensuite Piano Chat. Avec lui, on change d'ambiance et de registre musicale. Du blanc, on passe au noir. De la gaieté, on passe au désespoir. Ce jeune tourangeau fait simplement du The Ex a lui tout seul. Deux fûts, une cymbale, une guitare branchée sur un looper, un micro… et c'est parti ! Il enregistre des boucles en direct, les dispose en couches superposées, rajoute du rythme et du chant, avec une énergie et une fougue incroyable. C'est souvent approximatif, toujours bruyant et proche de la rupture, mais c'est aussi très impressionnant. Ce type de prestation peut s'avérer un peu trop expérimentale, voire complètement arty, mais Piano Chat est un vrai "groupe" de rock dans le sens où sa musique vous saute à la gueule dès les premiers instants. Pas le temps de se remettre de ses émotions puisque Un Poquito Senor revient pour un second set de 10 minutes… tout aussi hilarant. Et dire que La France a du Talent sur M6 n'a pas reconnu son talent, c'est désespérant.
Boogers fera une apparition royale ! Avec son sac-sono sur le dos, le second tourangeau de la soirée déboule sur le côté de la scène de La Maroquinerie pour aller se fondre dans la salle, au milieu du public. Ovation pour cette entrée en matière particulièrement réussie et apprécié. Un bain de foule dès le début, il fallait oser ! Le reste du concert de Boogers sera pareillement accueilli… Sur scène, sa power pop bricolée avec des bouts de punk rock et d'électro rock est du meilleur effet. Pas lo-fi pour un sou. Pas cheap non plus. Encore moins minimale. En fait, la musique de Boogers apparaît aussi riche que n'importe quel autre groupe "normalement constitué". Plus les chansons défilent (dont les incandescentes "Talk To Charlie", "I Lost My Lungs"), plus Boogers fait penser à du Weezer joué par Beck. Un poil timide dans ses interventions entre les morceaux, le bonhomme reste totalement habité par son rôle lorsqu'il démarre un morceau. Si son second disque nous avait montré qu'il savait composé de jolies ritournelles pop, cette prestation nous a prouvé qu'il savait aussi tenir une scène. — Pépito Ramirez

Le 07/04/2010 à La Maroquinerie, Paris
Soirée spéciale "one man band" ou "Je suis une bande de jeunes à moi tout seul" avec Un Poquito Senor, faux péruvien mais véritable showman ; Piano Chat, un jeune multi instrumentiste qui fait du The Ex en solo ; et, en tête d'affiche très attendue vu le buzz médiatique autour de lui, Boogers. Résultat : du rire, de l'émotion, du ravissement, de la surprise et des tubes à foison !









