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Posté le Jeudi, 22 Avril 2010

Eyehategod + Totimoshi + Eibon

Flyer Eyehategod Paris 2010

+Hangman's chair + Arafat
Le 19/04/2010,
Glazart, Paris

Après un passage remarqué au Hellfest les champions du monde de la "loose" reviennent hanter nos contrées avec leur sludge qui n'a d'égal que le malaise produit par l'ingestion de sardines rances à la mayonnaise...!!? (l'image est curieuse).

L'engouement relativement récent que suscite le groupe de Jimmy Bower a de quoi surprendre, vu qu'il n'inspirait que mépris et railleries il n'y a pas si longtemps. L'effet Down a sans doute aider à lui acheter une crédibilité aux yeux d'un nouveau public et d'une presse à la mémoire courte.

Le concert de ce soir était cependant très attendu par les amateurs de moiteur, de crasse et de pesanteur made in N.O.L.A. Croisé deux heures plus tôt à la station Porte de la Villette, Mike Williams, fidèle à sa réputation, avait la mine des grands jours une pinte de rosé à la main (on ne se refait pas!). Ça promet pour le show. Le temps de serrer la paluche à Joey Lacaze et rendez-vous est pris pour le Glazart. La mauvaise surprise de la soirée, c'est un putain de volcan islandais qui en est la cause ; Sourvein ne viendra pas, voilà qui met nos nerfs en boule et nous dirige vers le bar de l'extérieur qu'on ne quittera plus jusqu'au début d'Eyehategod.

La salle est aux trois quart pleine, ce qui n'est pas une mauvaise chose car l'endroit devient vite insupportable lorsqu'il est surpeuplé. Notre état d'ébriété est loin de rivaliser avec nos amis louisianais, Bower déboule sur scène sous un tonnerre d'applaudissements, si son capital sympathie continue sa courbe ascendante il aurait toute ses chances aux présidentielles de 2012. Les musiciens  sont en place alors que le fameux larsen précédant "Blank" nous fait péter les tympans, et Bang !! Lacaze impose un tempo d'une lourdeur éléphantesque , tandis que M. Williams qui n'est plus de première fraicheur crache son texte ou plutôt le vomit dans un style qui lui est propre. Le premier titre de "Take as needed for pain" impose la cadence, ce soir le bayou sera notre tombeau.

Le chanteur arbore un T-shirt des Saints de la Nouvelle Orléans, vainqueurs du SuperBowl cette année, et il en est fier le bougre, avant un "Sister Fucker" de derrière les fagots qui fait souffler un vent de folie dans le pit. S'enchaînent ensuite les hits du gang : "Serving Time in the Middle of Nowhere", "Children of God", "Jckass in the Will of God", "Revolution/Revelation", autrement dit que de la berceuse raffinée dans la lignée des BB Brunes. Pour ce qui est de la rigueur scénique, on est loin de Neurosis, c'est le bordel ! On a l'impression que c'est Brian Patton qui mène la barque et que le groupe navigue à l'aveugle dans un marécage visqueux où il a décidé de nous perdre. Mais aussi surprenant que cela puisse paraître, ce chaos indéfinissable est cohérent et on en prend plein la tronche à coup de riffs malsains comme un film de Mario Bava. Quand "Methamphetamine" arrive enfin, Williams est aussi défoncé que la batterie de Lacaze, Bower clope au bec balance les riffs avec ses mimiques inimitables, ça finit dans une mélasse tentaculaire, nos cervicales en compote et nos oreilles vomissant un magma de sang et de pus... (on fait pas de la poésie comme chez tonton Pivot ici). Eyehategod, vainqueur par abandon... La claque from Big Easy! — Obilal Kenobi

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