On aura beau penser que Wolves On The Throne Room bénéficie d'un vif engouement dans le milieu de la musique underground / indépendante (enfin, du moins dans sa branche metal ou de la musique extrême), ça ne signifie pas forcément que le groupe attire du monde à ses concerts français. Déjà son premier passage il y a deux ans à la Boule Noire n'avait pas attiré les foules (dommage, le concert avait été fabuleux), mais on aurait penser que son passage au Hellfest 2009 aurait permis de le faire (re)connaître à un plus grand nombre. C'est donc dans un Glazart peu rempli que démarre l'autre groupe intéressant de la soirée, lui aussi présent au Hellfest de l'an passé, Ufomammut.
Diable, que de pédales d'effets devant le guitariste (chauve mais avec une barbe exubérante) et le bassiste (cheveux longs crasseux du plus bel effet) ! On dirait des représentants de ces ustensiles ! Le guitariste fait d'ailleurs preuve d'une sacrée dextérité pour sculpter les sons sortant de sa guitare, les mettre en loop, les distordre, les faire durer en une rythmique sourde et délirante. Car la musique du trio italien est une relecture psyché du doom et du stoner. Il est tantôt aérien, mais pourtant volubile, planant et percutant à la fois. A l'inverse, il sait aussi jouer avec la lourdeur des riffs, aidé en cela par un batteur maigrichon mais qui tape comme Musclor. On se laisse facilement prendre par les morceaux longs de Ufomammut parce qu'ils sont suffisamment changeants et spectaculaires pour ne jamais tomber dans la redite ou l'ennui. Vu le nombre de t-shirts et de CD que le groupe a vendu ce soir-là, il semble qu'il est convaincu pas mal de monde. Son dernier album, Eve, différent de ses précédents efforts (en gros, il est encore plus 70's que d'ordinaire), est une bonne démonstration que le groupe évolue sans cesse, mais qu'il ne délaisse jamais le chemin qu'il a décidé d'arpenter à ses débuts. Classe.
On change de décor. Les lumières s'éteignent. La scène n'est plus éclairé que par une dizaine de bougies. Une souche d'arbre magnifique trône sur le devant de la scène. Autour des trois musiciens de Wolves In The Throne Room des tentures noires montrant, dans un graphisme alliant esprit black metal et approche épurée, le rapport qu'entretient le groupe avec la nature. Car si WITTR pratique bien un black metal furieux et dévastateur, il est eco-friendly, anti-capitaliste, altermondialiste. Du black metal de gauche, donc. Pour le reste, c'est à dire, niveau musique, on entre dans le vif du sujet dès les premières secondes du set. Dès lors, tu es pris dans la tourmente des guitares, leurs envolées lyriques, leur harmonies digressives, leur fluidité dramatique… Il se dégage quelque chose de magique de ce groupe. C'est violent, ultra brutal même, constamment dans l'empressement (le batteur est un sacré numéro), mais il se dégage aussi de grands instants musicaux… à la fois spectaculaires et mélancoliques. Le caractère épique du black metal de WITTR est son premier bienfait. Vient ensuite cette impression que, au cœur de cette charge musical émotive, tu ne crains rien, tout est possible, surtout le meilleur. C'est beau comme du Bathory, tiens ! Pour un peu, tu prendrais ton glaive et tu chargerais l'ennemi sans ressentir la peur et la crainte. Trève de plaisanterie, il faut voir Wolves In The Throne Room une fois dans sa vie. — José Maria











