> Vendredi 18/06
A notre arrivée, on "picore" du KMFDM (belle réussite que de transformer la fosse de la Main Stage 1 en dancefloor), Walls of Jericho (same old story), Sick Of It All (on a beau les avoir vu cent fois, les New Yorkais sont toujours impressionnants), Deftones (Chino Moreno a arrêté de manger des frites et son groupe a gagné en patate), Infections Groove (question à mille euros ? Quelle différence entre Infections Groove et Suicidal Tendencies ?), Sepultura, Fear Factory (ce groupe ne fait plus peur, il fait pitié), The Young Gods (après trois morceaux et une atmosphère qui présageait le meilleur, les plombs sautent ; plus de jus, plus de Jeunes Dieux !)… Mais de cette journée, on aura retenu :
Loudblast
(19H - Rock Hard Tent)
Le groupe français a déjà fêté son retour scénique depuis quelques mois, mais ici, au Hellfest, devant pas loin de 5 ou 6000 personnes, il prend sans doute la mesure de son impact, de son héritage et de la force de son death. Stéphane Buriez s'est coupé les tiffs — boule à zéro — mais son pouvoir de séduction est resté intact. Sa voix, grave et dramatique, annonce des "Sublime Dementia", "Cross The Treshold" et autres "Sterring For Paradise" qui sont accueillis par les vivas du public. Le death metal français à nouveau en phase avec son public, c'est beau, on en pleurerait presque. Pour le reste, Loudblast a été infernal, martial et imperturbable. Les deux nouvelles recrues donnent plus qu'un coup de fouet à l'enseigne nordique (mais peut-on encore présenter Loudblast comme un groupe lillois maintenant qu'il est éparpillé aux quatre coins de la France), elles lui permettent de revenir au plus fort de la scène internationale. Pas étonnant qu'un nouvel album soit prévu pour l'année prochaine.

Marduk
(01H, Rock Hard Tent)
Le groupe : "Panzer Division Mardouuuuuuk". La foule : "Yeaaaaaahhhh". Alors qu'on s'attend à un déchaînement infernal, un ouragan metal, un séisme black qui ouvrirait la porte des enfers (où on irait jeter Christine Boutin et ses sbires)… ben, rien ! Silence. Le néant. Marduk a fait "pschiit", comme dirait Jacques Chirac. Problème de matos. Pffff, encore !!! Merde, alors. Bon, on reprend. Le groupe : re-"Panzer Division Mardouuuuuuk". La foule : re-"Yeaaaaaahhhh". Et là, boum… le déchaînement infernal a lieu, l'ouragan metal s'engouffre sous la tente Rock Hard, le séisme black ouvre la porte des enfers (dommage, on n'a pas trouvé Madame Boutin)… Malgré ce début raté, Marduk a célébré sa messe noire sans anicroches par la suite. Bon, ce fut moins "expérimental" que le dernier album en date (le très bon Wormwood), plus classique dans la forme, du black metal joué la tête dans le guidon, sauvage et la bave aux lèvres qui coule sur le maquillage et les clous. Mais qu'importe, avec Marduk, on est rarement déçu. Pas comme avec ces pantins de d'Immortal, le lendemain.

Godflesh
(22H, Terrorizer Tent)
Dire qu'on attendait le concert de Godflesh serait exagéré. Non, on espérait le concert de Godflesh ! On priait pour qu'il arrive vite ! Mais après la cata du set des Young Gods (coupure de jus) juste avant, on priait à genoux pour que le matos ne fasse pas des siennes. Dire qu'on a attendu l'arrivée du duo sur la scène du Hellfest toute la journée n'est pas totalement faux. En effet, pour certains d'entre nous, on l'a attendu durant des semaines, des moins même. Autant dire qu'on était fébrile dans les rangs serrés de la Terrorizer Tent. Fébrile, agité et fiévreux… quand on découvre Broadrick et Green en lutte avec les amplis. Ça pinaille pas mal au niveau du son. Problème d'ampli ? De retour ? On ne sait pas trop. Tout ce qu'on voit, ça que ça pinaille. Et le spectre d'un concert gâché plane dans nos esprits. Lorsque "Like Rats" ouvre enfin le bal (quel choix judicieux, mon morceau préféré !! yeah !), le son est horrible. Saccage ! Il faudra quelques instants aux techniciens et aux musiciens (un peu agacés — et agaçants, ben ouais, quoi, ça fait six mois qu'ils le prépare ce concert, "ils auraient pu se préparer mieux que ça", entend-t-on dans la foule !) pour rétablir un son correct. Ensuite, ça se passe de commentaires : du vintage extrait de Streetcleaner : "Christbait Rising", le bien nommé "Streetcleaner", "Tiny Tears" ; "Avalanche Master Song" et "Weak Flesh" exhumé du premier LP du duo ; puis "Spite" de l'album Pure… Et fin du set avec un "Crush My Soul" monstrueux de puissance. C'est passé tellement vite. On croit qu'on a rêvé. Mais nos oreilles qui sifflent nous répondent que non, on a bien pris une déflagration en pleine face. Pour ceux qui ne pensaient jamais (re)voir Godflesh, cette programmation du duo anglais est un vrai cadeau de la part du Hellfest.

Biohazard
(01H, Main Stage 2)
"C'est la banlieue New Yorkaise qui débarque dans les vignes Clissonnaises", prévenait le programme officiel du Hellfest. Une chose est certaine, en choisissant de baser son set sur ses trois premiers albums, le gang d'Evan Seinfield ne pouvait que faire monter la température dans la plaine clissonnaise. "Shades Of Grey", "Urban Discipline", "Five blocks to the subway", "What Makes Us Sick", puis la parenthèse punk avec la reprise de Bad Religion "We're Only Gonna Die", et celle hip hop avec le morceau "How It is" (initialement avec Cypress Hill) allaient véritablement célébrer le style du groupe, ce "Brooklyn, NYC old School Hardcore Chaos" si cher à leur cœur. Chaotique, sûr que ça l'a été. Sur scène, un peu. Mais beaucoup dans la fosse où ça n'a pas arrêté de pogoter, slammer, heangbanger et danser (n'oublions pas que le groove de Biohazard vaut parfois celui de Suicidal Tendencies). Même moi qui n'ai jamais pu encadrer Biohazard, j'ai dois avouer que la prestation du groupe a été plus que fantastique.

> Samedi 19/06
C'est la grosse cavalerie sur les Main Stage : Alice Cooper (la preuve que Marilyn Manson et les autres lui ont tout volé), Slash, Airbourne (une bonne copie d'un mauvais AC/DC, période Flick Of The Switch), Carcass, Immortal (les Kiss du black metal ont été fidèles à eux-mêmes : approximatifs et grotesques), Pretty Maids (remplaçant de Ratt, on n'a pas gagné au change), Anvil, Tankard (heu… ?), Annihilator (ce qu'il y a de bien avec le revival thrash — Violator, Municipal Waste, etc — c'est qu'on se rend compte à quel point les vieux groupes sont… vieux). Ailleurs, c'est pas mal non plus : Candlemass, Dark Funeral, Discharge (des anarchopunks qui jouent sur la même scène que des groupes — Discipline par exemple — qui attirent des mecs portant des t-shirts de Skrewdriver, fallait oser !), My Dying Bride et Fields Of Nephilm (quelqu'un a été les voir ?), Agnostic Front (20 minutes de show et puis s'en va !)… Nous, on a aimé :
Twisted Sister
(20h50, Main Stage 1)
Si tout le monde attendait Twisted Sister dans son apparat de grandes folles (maquillés comme des camions volés et un look de brésilienne défilant lors du Carnaval de Rio), le groupe est arrivé sur scène d'une manière relativement sobre. En revanche, leur concert sera fantastique grâce à un aplomb parfait (ce hard rock qui tient plus du rock'n'roll que du glam) et une set list parfaite : "Come Out And Play" en ouverture, les tubesques "The Kids are Back" et "You Can't Stop Rock'n'Roll" d'affilé, quelques trésors cachés ("Captain Howdy", "The Fire Still Burn", "The Price", "Burn in Hell") bien accueillis parce que finement interprétés, sans oublier la cover de Rainbow ("Long Live Rock'n'Roll") en hommage à Ronnie James Dio (Dee Snider ira même jusqu'à alpaguer les fans d'Immortal attendant leur groupe favori sur la scène d'à côté pour leur dire qu'eux aussi, ils doivent tout à Ronnie)… Et que dire de "We're Not Gonna Take It" ! Un tube. Un hit. Qui rassemble les générations et les fans de tous styles. Grosse ambiance où tout le monde chantait "Oh we're not gonna take it / No, we ain't gonna take it / Oh we're not gonna take it anymore". Sensass… La fin sera du même acabit avec un couplé "I Wanna Rock" et "SMF"… toujours dédié au seul dieu du Hellfest… non, pas Satan… mais le rock'n'roll !

Alice Cooper
(23H35, Main Stage 1)
Olivier P. a réalisé son rêve, on lui laisse la parole :
"Je n’avais encore jamais vu Alice Cooper sur scène. Pourtant, qu’est ce que j’avais pu rêver de ce moment lorsque j'étais ado. Je me souviens encore de toutes ses photos d’Alice dans Hard Rock Magazine fin des années 80. Ces images où on le voyait sanguinolent, un sourire carnassier près de son échafaud, entouré du mini Rambo bodybuildé Kane Roberts, l'homme à la guitare mitraillette ! Vingt ans plus tard, j’étais cependant septique sur ce qu’un show d’Alice Cooper pourrait représenter, n’ayant pas jeté une oreille sur un de ses disques depuis Trash en 1989. Et là surprise ! A 62 ans, Alice Cooper en impose franchement. L’Alice Cooper show c’est le Fantôme de l’Opéra version hard rock. C'est tout ce que l'on peut attendre d'un spectacle vivant horrifique. Du Grand guignol à tous les étages ! Pendant plus d’une heure et demie, Alice Cooper enchaîne un set chorégraphié, théâtrale, rythmé par les gadgets, les effets et les apparitions de personnages secondaires, pour une histoire où Alice meurt par trois fois (guillotiné, pendu, et empalé). Autre surprise, la qualité de son groupe. A l’inverse de celui de Slash, qui quelques heures auparavant donnait l’impression d’être un mauvais tribute band à Guns N’Roses, celui-ci transpire et vie réellement le hard rock seventies du chanteur grimé. Tous les hits y passent. De "School’s Out" à "Poison", "No More Mr Nice Guy", "Only Women Bleed", "I’m eighteen", "From The Inside" ou encore "Billion Dollar Babies". Même si sa voix est bien abimée, le maître du shock rock a encore largement de quoi concurrencer les Rob Zombie, Manson, Turbonegro et autres qui l’ont copieusement pillé. Le rideau n'est pas encore tiré. Chapeau bas Mr Vincent Furnier."

Jello Biafra
(01H, Terrorizer Tent)
L'attente sera longue pour voir l'ancien Dead Kennedys, mais avouons que ça valait le coup. Bigre. Ce type est tel comme on se l'ait imaginé après avoir vu des photos et des vidéos des DK. Son jeu de scène, sa gestuelle, ses mimiques, ses cascades (involontaires parfois) et surtout sa voix, unique, font de Jello un personnage survolté qui capte toutes les attentions (on en oublierait qu'il est accompagné de musiciens, pourtant ultra efficaces). Une bonne partie de son album sera interprété pour la joie du public (celui qui pogotte devant, et celui, plus tranquille, au fond du chapiteau), mais aussi des reprises des DK comme "Let's Lynch The Landlord", "California Uber Alles" (remis au goût du jour et mettant en scène Schwarzy), "Police Truck". Effronté, Jello se permet même de tancer celui qui vient de jouer un peu avant lui, sur la grande scène, Alice Cooper. "J'ai vu Alice Cooper quand j'avais 13 ans, c'était mon premier concert. Quelle surprise de le revoir ici. Le plus drôle, c'est que c'est un républicain…" On aura beau dire, ce sera certainement le seul show des trois jours où on aura un peu de matière à réfléchir entre les morceaux, des bons mots parlant de politique, de social ou du pouvoir de l'argent. Ça change un peu d'entendre dire que "l'Apocalypse approche"…

> Dimanche 20/06
Grosse journée que ce dimanche (le jour du saigneur au Hellfest !) avec Blasphème (hard rock français des années 80 avec Balavoine au chant) et Omega Massif (metal lourd moderne allemand) en ouverture, soit cette édition 2010 parfaitement résumée en terme d'ouverture musicale ! Sans oublier, Motorhead et Saxon en lead sur la scène principale (les deux l'avaient un peu mauvaise de n'avoir qu'un quart de la scène, la batterie de Kiss, montée dans la nuit, occupant le reste), Devin Townsend Projet (toujours aussi fou), Behemoth (la cauchemar des catholiques de Clisson !), UDO, Stonesour, Nile, Bloodbath (décevant), Slayer (final ébouriffant avec "South of Heaven" et "Raining Blood" coup sur coup), Black Cobra (toujours impressionant, à deux sur une petite scène, ils mettent KO Immortal sur la grande scène), Garcia Plays Kyuss (avec Nic Oliveri et Brant Bjork en invité pas si surprise que ça sur quelques titres)… mais surtout :
Vulcain
(11H05, Main Stage)
Vulcain, merde, quoi ! Qui jouait juste après Blasphème sur l'autre Main Stage. Vu l'horaire de programmation (11h du matin), fallait pas s'attendre à ce que ça se bouscule devant la scène. Disons qu'il y avait néanmoins un peu de monde. Les fans. Et ça suffit amplement. Celui qu'on a surnommé durant son âge d'or "le Motörhead français" ne semble pas avoir pris une ride, Vulcain pratiquant toujours ce rock'n'roll furieux et dévastateur. De "Ebony" à "Rock'n'roll Secours", en passant par "Blueberry Blues" et "Vulcain", le trio a fait honneur à son père, le dieux du feu et des métaux, et son tonton (Lemmy de Motörhead). Si on excepte quelques cheveux blancs et le visage altéré par les années, le trio n'a rien perdu de sa fougue, et sa musique, rapide et charnue, a fait la joie des fans. Ces mêmes fans qui, après la demi-heure de set de leur groupe fétiche, entonneront avec les trois quatras "La Digue de Cul" (présent sur le premier album de Vulcain), un traditionnel forcément obligatoire ici, à Clisson, ville coincée entre Nantes et Montaigu, "la digue, la digue…"

Saviours
(13H, Terrorizer Tent)
Saviours fait partie de cette nouvelle génération de groupe metal qui fait ouvertement référence au passé sans pour autant sonner comme leurs idoles. Pour ce groupe américain, la définition la plus simple est de lâcher cette image : imaginer Metallica circa Kill'Em All jouer comme Mastodon à l'heure d'aujourd'hui. Soit un metal rugueux, abrasif et teigneux, mais pourtant vif et agile (techniquement parlant, ça déboîte sévère, mais ça ne crâne pas). Ça enchaîne des morceaux à grande vitesse, seulement séparés par quelques gorgées de bières ; ça bastonne sans se poser de question (Sommes nous originaux ? Est-ce que ce riff a déjà été enregistré ?. Rien à foutre. Rien à perdre). Savious fonce dans le lard. Les cheveux dans le vent. La poussière dans les yeux. La sueur qui coule sur le torse. On oublie les poses, on est là pour la musique. By kids for the kids. Le heavy metal du nouveau millénaire, c'est Saviours !
Weedeater
(14H50, Terrorizer Tent)
A peine le temps de se remettre de nos précédentes émotions (Saviours) voilà que déboule sur scène Weedeater, du sludge metal de Caroline du nord. Sludge ? Caroline du Nord ? Comme Buzzov-en ? Oui, comme Buzzov-en. D'ailleurs, on retrouve le bassiste Dixie dans Weedeater, c'est dire si on reste dans la même tambouille musicale. Et c'est rien de le dire. Au premier morceau, le trio balance la sauce : son de basse épais comme une coulée de boue, rythmique solide et fracassante façon moissonneuse batteuse, riffs de guitare tortueux et menaçants. Pas d'introduction inutile, pas de présentation vaine, pas d'alerte, on entre dans le vif du succès tête la première. Au premier rang, on est littéralement secoué, baloté, agité par le groove torride et musclé du groupe. En fin de set, on se retrouvera simplement broyé, écrasé, concassé par le rouleau compresseur américain. On sort le corps meurtri de la Terrorizer Tent… accueilli par un soleil de plomb ! Argh, dur dur. Et ce n'est pas terminé !

Rwake
(16H, Terrorizer Tent)
Wikipedia présente Rwake comme un groupe de "Southern Doom metal/Sludge metal" originaire "de Little Rock, Arkansas, USA". Si tu te demandes ce qu'est le "Southern doom metal / sludge metal" et que, manque de bol, tu ne sais pas ce qu'est le doom ou le sludge, t'es comme un con. Parfois, la technologie ne facilite pas forcément la vie. On va donc te la faire courte. Rwake, c'est du metal. Mais du metal comme t'en as rarement entendu. Une fois que les gars (et la fille) sont sur scène, c'est la tempête ! L'orage qui gronde. L'ouragan qui souffle. La tornade qui balaye. Le typhon qui détruit tout sur son passage. Les climatologues devraient d'ailleurs donner le nom de Rwake au prochain cyclone de force 9 qui dévastera la Floride. Car Rwake c'est la nature qui se déchaîne. Les Gaulois appelaient cela "le ciel qui tombe sur la tête", les chrétiens américains "l'apocalypse". Nous, nous appelerons cela Rwake. Grosse prestation. Coup de cœur du festoche !
Mondo generator
(18H20, Terrorizer Tent)
Stoner, le groupe de Nic Oliveri ? Mouais… Disons que c'est plutôt du stoner joué par des punks pour des punks. Déjà parce que bon nombre de compos font partie du patrimoine stoner international. En effet, Oliveri ne se prive pas pour reprendre, comme sur son disque solo ou le récent EP de Mondo Generator, des titres de ses anciennes formations, de Kyuss à Queens Of The Stone Age. Pour mettre le public dans sa poche, ça aide. Surtout quand, d'ici quelques heures, se succèderont, sur les mêmes planches, Brant Bjork et John Garcia. Mais la dynamique qu'impose le quatuor californien sort du crédo stoner : la fougue est clairement punk/hardcore. Que Mondo Generator balance "Green Machine" (Kyuss), "Gonne Leave You" (QOTSA) ou ses propres compos comme "Lie Detector", "Tension Head", "So High, So Low", "This isn’t love" (extrait de son dernier Ep en date), il le fait avec le même entrain : à fond, à mort, à poil (ah non, pas à poil cette fois) ! Même le "Dog Food" d'Iggy Pop est méconnaissable dans cette frénésie électrique. Mondo Generator n'est pas là pour faire semblant. C'est ce qu'on aime chez lui.

Doom
(20h45, Terrorizer Tent)
"Merci de ne pas être aller voir Motörhead", lance le chanteur de Doom. Effectivement, c'est pas un horaire des plus avantagueux que de jouer en même temps que le père Lemmy. Mais qu'importe, les fans du groupe crust anglais sont là. Et ils ne seront pas déçus. Bordel de M****, quelle puissance et quelle frénésie ! Doom a pratiquement inventé le crust moderne, et son retour sur scène, peu importe ce qu'il l'a décidé, est bienvenu. C'est même juste et opportun. Car des groupes de crust, il en existe plein, on a d'ailleurs l'occasion d'en voir beaucoup par chez nous, certains sont bons, mais la plupart sont de pales figures de leurs influences. Voir Doom sur scène en 2010, c'est se rappeler que le genre doit être offensif, percutant, violent, brutal même, et excessif. Ce qu'était Doom ce dimanche soir ! Doom a fait oublier les milliers de groupes crust ennuyeux qui sillonnent l'Europe. Doom a redoré le blason du crust anglais ! Après ce concert, t'avais juste envie d'aller retourner une voiture de police et de la brûler. Heureusement, les gendarmes qui patrouillaient dans l'enceinte du Hellfest étaient plutôt cool, on a préféré aller voir Kiss avec eux.

Kiss
(23H, Main Stage)
Attraction attendue (même par les habitants de Clisson, par exemple Léonard Coiffure, le salon de coiffure du bled, tenait une permanence toute la journée pour vous maquiller façon Kiss), le groupe américain est forcément un des grands moments du festival. Et ce malgré un son de façade épouvantable. Mais comme on s'en doute, Kiss, on a envie de les voir, pour la musique certes, mais surtout pour le spectacle. Car Kiss, c'est un manège de près de deux heures. Kiss, c'est mieux que Toy Story en 3D, c'est tes figurines McFarlane qui prennent vie devant toi et qui te font le show de ta vie. D'ailleurs, l'entrée en scène du quatuor est incroyable. Même toi, avec ta grue Mecano et tes jouets, tu n'y aurais pas pensé. Gene Simmons, Paul Stanley et Eric Singer sont amenés sur le devant de la scène par un bras mécanique à grands renforts de pétarades (plus fort que la musique) et de jeux de lumières. Plein les mirettes. Plein les esgourdes. C'est le déferlement de tubes : "Cold Gin", "Firehouse", "Deuce", "Calling Dr. Love", "100,000 years", "Love Gun", "Black Diamond", "Detroit Rock City"… entrecoupés par d'incroyables mises en scène : solo de batterie et de guitare sur "Shock Me" (la batterie s'élève dans les airs, le gratteux s'amuse à dégommer de faux spots de lumière, yahou !) ; Gene Simmons qui s'envole au dessus de la foule pour son "I Love It Loud" (quand t'es sous influence hallucinogène, l'effet est garanti !) ; Paul Stanley qui va chanter "I Was Made For Lovin' You" vers la table de mixage, donc en face de ses potes (tiens, peut-être qu'il s'est aperçu que le son était pourri), etc… Tournée Sonic Boom oblige, le groupe propose trois titres de son dernier album ("Modern Day Delilah", "Say Yeah", "I'm Animal") qui, avouons-le, s'insèrent plutôt bien dans le répertoire vintage du groupe (mieux que "Lick It Up" en tout cas). Durant deux heures, ça n'arrête pas : effets pyrotechniques, projections, échange avec le public (quelle drôle d'idée de lui faire chanter "La Marseillaise" quand même ?), jeux de lumières se succèdent entre les "Shout It Out Loud" et "Rock 'N' Roll All Nite" (final assourdissant). Certes, ce ne fût pas un grand concert de Kiss (Stanley avait l'air éteint, comme sa voix), mais même lorsque Kiss est en petite forme, le spectacle est assuré. C'est toujours ça, non ? Et après la pluie de confettis (fournies par le festival ou transportées par semi remorques ?), le feu d'artifice clôt ce Hellfest 2010… comme une apothéose et un "au revoir les enfants" digne des grands parcs d'attraction.
Frank Frejnik








