En première partie, invité par Chuck Ragan himself, Ravi. Le groupe caennais a ses fans. En général, ce sont les mêmes que ceux de Hot Water Music. Donc, la présence de Ravi en ouverture de la soirée était une chose évidente, pour ne pas dire logique. Sa demi-heure fut rondement mené, enchaînant au pied levé titres de son album et ceux de son excellent nouveau EP "Masses", avec en clou du spectacle, la reprise de Rumbleseat "Cursing Concrete" avec Chuck Ragan en invité surprise… Encore que…surprise, surprise… on s'y attendait un peu à vrai dire. Qu'importe. Cela terminait un set parfait. Et démarrait une belle soirée.
Freygolo envahit ensuite la scène de la Maroquinerie. Envahit… le mot en juste. Le gang sudiste, fort de ses six éléments survoltés et athlétiques, vont tenter de convaincre les gens avec leur punk rock cuivré. Pari difficile vu que les fans du "Gainesville sound" n'aiment, en général, guère les cuivres et le ska. Sauf peut-être celui de Less Than Jake. Mais je m'égare. Freygolo reste néanmoins une formation hyper dynamique sur scène, évoluant plus souvent dans le registre du punk rock mélodique des 90's que du ska-punk (ou skacore) fort connoté. Le groupe est d'ailleurs très pertinent avec ses trois chanteurs qui échangent leur place de lead ou de choristes. Comme pour Ravi, il n'aura qu'une demi-heure pour faire ses preuves. A les voir transpirer à grosses gouttes, on peut dire qu'ils ont tout donné. Pour ça, on les applaudit.
Vient ensuite le grand moment. La grande messe. La prière commune. Hot Water Music à Paris. Enfin. C'est l'événement. Pourtant, La Maroquinerie n'affiche pas complet. Ce qui n'empêchera pas la salle de répondre bruyamment dès qu'un morceau retentit. Pas complet, d'accord. Mais entièrement constitué de fans. Quand "A Flight and A Crash", "Remedy" ou "Rooftops" retentissent, ça hurlerait presque à la mort ! "Jack Of All Trades", "Paper Thin", "No Division", "Free Radio Gainesville"… chacun leur tour, Chuck Ragan et Chris Wollard font tonner leur voix. "We'll Say Anything We Want" et "It's Hard To Know" font mouche. Le groupe est visiblement content de jouer ce soir. Même si le son n'était pas aussi bon qu'on aurait aimé (notamment sur les voix : quand t'étais à droite, tu n'entendais pas Chuck, quand t'étais à gauche, tu n'entendais pas Chris), l'intensité, la chaleur (dans les deux sens du terme) et la joie étaient bien présentes. "Turnstiles", puis "True Believers" (de Bouncing Souls) terminent le bouillonnant set. La fièvre est à son paroxysme. "Une autre, une autre, une autre", clame le public. "Juste une alors…" Et paf : "Trusty Chords" sort des enceintes. Dernière chance de slammer, de pogoter, de chanter, de transpirer sur du Hot Water live… A voir le sourire sur les visage quittant la salle, le concert semble avoir été bon. C'est un signe qui ne trompe pas.
Après le concert, tout le monde est au bar / resto de La Maroq, même le groupe américain (qui découvre le Ricard), visiblement content de son setr et de l'accueil du public parisien (constitué d'une majorité de provinciaux — ah ah). Durant le concert, il a dit qu'il allait prochainement enregistrer un nouvel album, et a promis de revenir jouer en France. Croisons les doigts. — Frank Frejnik








