Faut dire qu'il fallait le savoir que G.B.H. jouait dans le 6e arrondissement. D'ordinaire, un concert de cette envergure, on en entend parler des mois à l'avance, on croise des flyers dans tous les concerts qui précèdent l'événement, on en trouve chez les disquaires et dans les bars "rock". Et puis, on trouve l'info sur internet, sur les hyper actifs forums de discussion. Mais là, que dalle. Peut-être que les organisateurs ont pensé que ce concert faisant l'ouverture du salon de tatouage Tattoo Art Fest la communication se ferait d'elle même. Vu comme ça, on n'est pas étonné à notre arrivée dans cet entrepôt immense qu'est La Halle Freyssinet de voir si peu de monde pour les Américains de The Briggs (et que dire pour la prestation de Hellbats qui ouvrait la soirée ?). Dommage, le punk rock de ce groupe, fort bien outillé entre street punk à la Pistol Grip et punk enjoué façon Bouncing Souls, mérite mieux qu'un parterre éparpillé, fût-il un parterre de fans.
Peter Pan Speedrock était très attendu par le public… dont les rangs se sont un peu grossi depuis la fin du set des Briggs. Il faut dire que le trio hollandais commence à avoir bien tourné dans l'Hexagone. Il faut dire aussi que sa musique, enfant légitime de Motörhead et de Zeke, est sérieusement addictive. La vache ! Quelle vitesse, quelle puissance, quelle frénésie ! Pfiou… A chaque fois, ça me laisse sur le cul cette furie, cette violence, cette énergie déployées. En plus, je ne sais d'où cela provenait, mais devant la scène, ça sentait le pneu cramé ! Ouaip, comme si Peter Pan Speedrock brûlait de la gomme en jouant son rock'n'roll survitaminé. Durant la petit heure qui lui était destiné, le trio a donné le meilleur de lui-même, exécutant la plupart de ses morceaux emblématiques et présentant même quelques morcifs de son futur album à venir, We Want Blood. A la fin, t'es tout dépeigné, ta gorge est sèche, tu te sens fébrile.

On sort donc respirer un peu d'air frais, on se rafraîchit la glotte, on fait un peu de shopping au merch des groupes (merde, alors, G.B.H. ne propose rien !!), on échange quelques considérations sur l'endroit, le concert qui vient de se dérouler… et voilà que les Rennais de Banane Metalik apparaissent sur la scène ! Apparaissent, oui. Comme des fantômes. Dans un fondu au noir savamment préparé. Quand il n'y a plus de place en enfer, les morts reviennent sur Terre. Le quintette (et sa charmante danseuse) se contentera de la Halle Freyssinet pour ce soir. Mais c'est déjà pas si mal. Surtout qu'elle s'est un peu plus remplie. Ouf ! Les zombies rennais assurent leur rôle de sauvages grimaçants, épouvantails d'une société de consommation et du paraître. Musicalement, le gore'n'roll du groupe, sorte de proto-psycho-punk qui honore autant les Meteors que les Bérus, pétarade comme un gros V8, l'odeur du sang se mélangeant à celui de l'huile cramée. Le spectacle, car c'est aussi un spectacle, est appréciable, car vivant et enragé. Je demande d'ailleurs comment je trouverais Banane Metalik SANS ce côté grandiloquent ! Peut-être que j'accrocherais moins. Qu'importe, Banane Metalik, c'est un tout. Punk rock, spectacle, discours, toujours extrême et engagé !
J'adorerais dire que G.B.H. fût fidèle à lui-même, mais c'était la première fois que je les voyais "en vrai" (le live sur Goéland TV est toujours d'actualité les gars !). En tout cas, il fût fidèle à ce que la rumeur en disait : du punk dru et massif, sauvage et rudimentaire, formidablement old school (ce qui est normal pour des gars de leur âge) et pourtant si ancré dans l'actualité musicale du moment (le street punk, le revival punk 80's, etc). Cela dit, contrairement aux nouvelles formations qui vous balancent un punk d'une violence inouïe, mixture de technicité assumée et d'intensité presque suspecte, les natifs de Birmingham en sont restés sur leur acquis des 80's. G.B.H. déroule donc sur scène un punk très rock'n'roll, parfois un peu boiteux, souvent foutraque qui n'a que faire du qu'en-dira-t-on. C'est tout leur charme. Tu n'aimes pas ? Va-t-en. Tu aimes ? Alors vient pogoter devant. Certains l'ont fait. Mollement. Entre potes. Une ou deux bières ont bien voler en l'air. Il y a même une prise de bec avec un gars de la sécu. Mais rien de bien méchant. De l'ambiance bon enfant, serait-on tenté de dire. Sur les planches, G.B.H. n'a pourtant pas ménagé sa peine pour tenter de créer la zizanie (notamment en interprétant de vieux morceaux comme "Sick Boy" ou l'inoxydable "City Baby Attacked Bu Rats"), mais il devient difficile de faire bouger des trentenaires / quarantenaires, même s'ils sont fans de votre musique. Pour le coup, on aurait aimé que les ados décrit dans l'intro soient là pour apporter un peu de sang neuf et de mouvement dans ce hall de gare. Enfin, bon, je dis ça, j'y étais pas dans le pogo non plus. Je la ferme donc. C'était quand même cool de voir G.B.H. dans de si bonnes conditions. Surtout accompagné de si bons groupes. — Pépito Ramirez











