DASHBOARD CONFESSIONAL
Autant commencer par la torgnole ultime. Quand ce nom est apparu sur la prog il y a quelques mois j’en ai coulé une bielle. Tellement de souvenirs liés à ces chansons, qui m’ont soulagé, bercé et dorloté, des perles ultra-sensibles qui m’ont évité de basculer définitivement du côté obscur. Ce type c’est le roi incontesté dans cette catégorie. Un talent redoutable qui l’a propulsé au sommet. Jusqu’à cette date bénie, je n’avais vu le type que grâce au MTV unplugged et à Youtube. Limite s’il n’y avait eu qu’un show à voir durant ces deux jours, c’est celui-là que j’aurais choisi. Des fois tout s’imbrique parfaitement, le puzzle est complet. Les planètes s’alignent et c’est mieux que de gagner au loto. A tel point que c’est seul avec sa guitare que Chris Carrabba prend d’assaut la main stage. Je pensais voir débarquer le groupe au complet. Mais non. Putain c’est trop. Les cœurs s’arrêtent de battre quelques secondes quand il attaque avec "Swiss army romance". Whoa. Là on a tous compris qu’on va vivre un grand moment. Le mec est tout seul sur cette scène gigantesque, et il nous tient en laisse. Cool, détendu, souriant, il envoie quelques blagues (plus light que celles de Fat Mike), déconne un poil avec le public, pas de surcharge, pas de pose, pas de contrition, c’est juste ses chansons qui sont auto-suffisantes. Ça chante avec lui (comme dans le show MTV), les gens ont des faces illuminées, les yeux un chouille embués (pour les plus tough) voire carrément inondés… "The good fight", "Remember to breathe"… la machine tourne à plein régime, à base de tubes mellow dans nos faces… le gars se balade sur scène, change de guitare, bouge, relax toujours… c’est déconcertant… il taxe un chapeau de cow-boy estampillé Jupiler dans le public et envoie une reprise countrysante de je sais pas trop qui… trop à l’aise, dans son élément, il fait le show, tout en restant simple, comme s’il jouait dans un rade. Il nous gratifie d’un morceau du dernier album, puis de "Vindicated", cette tuerie qu’on peut entendre dans le générique de fin de Spiderman 2…j’ai beau être complètement focalisé sur ce qui se passe à quelques mètres devant moi, je ressens une impression de flottement, j’ai la vue brouillée par les larmes, je suis KO debout quoi… à l’heure où je tape ces lignes j’ai encore un peu de mal à croire que j’ai assisté à ça… le meilleur concert de ma vie? Je crois bien que oui…
Photo © Pauline Cookie Queen
FURTHER SEEMS FOREVER
Chris Carrabba, encore. La veille de son show éblouissant en solo, le gars est sur scène avec ce groupe dément, à la carrière plutôt chaotique, mais qui restera dans l’histoire… là aussi, si un type m’avait dit "tu verras Further Seems Forever sur scène", je lui aurais répondu "arrête de te foutre de ma gueule, Tommy", pour paraphraser Henry Hill dans Les Affranchis. Et il aurait eu raison, Tommy. Je vois ce groupe, et avec son chanteur originel. Trop fou. Dans d’excellentes conditions qui plus est. Comme à chaque fois durant ce fest, ces groupes rameutent du monde mais ça reste fluide, assez pour se rapprocher au max de la scène. Le temps de se planter plus ou moins dans l’axe, le combo attaque avec "The moon is down". Whoa. C’est parfaitement en place, le son est clair, c’est génial, le grand frisson et tout. C’est le putain de rêve éveillé les gars. Le groupe est à la cool, il a l’air content d’être là. Et nous donc. Les titres s’enchaînent avec fluidité, puis c’est l’intro de "Snowbirds & townies" et je touche plus terre. Des images du clip me repassent en tête, et le plus hallucinant c’est que je suis entouré de deux nanas qui ont un air de la meuf qui joue dedans… le style beauté non conventionnelle, avec le détail qui décuple leur charme (un nez un peu proéminent, un léger strabisme…), c’est trop dingue tout ça, quand on vit des instants 100% scénarisés…
Photo © Pauline Cookie Queen
CUTE IS WHAT WE AIM FOR
Ça continue dans l’improbable… ces groupes qui sont dans mon panthéon perso, intimement liés à d’autres trips genre série TV/films (Cute is What We Aim For sont sur la BO de Jennifer’s Body)… je vais finir par les voir tous (heu je crois pas en fait) ou quoi ? Encore une fois je suis smashé par les choix des programmateurs du fest. Ils sont venus voir dans ma tête ? Consulter mes piles de disques, mater mes fichiers mp3 ? C’est des gars du team Mission Impossible ?
C’est pas mon annive. C’est pas Noël. Mais un peu quand même. Bref quand le groupe déboule ça commence direct par «practice means perfect ». Donc scié à la base, d’entrée, histoire de pas tourner autour du pot. Ca sera le même rush d‘émotion à chaque fois qu’ils vont piocher dans les morceaux de "rotation" (hey l’autre skeud est OK aussi mais je bloque sur le second). Le combo pop de luxe/emo de Buffalo enchaîne les titres sans traîner des pieds, encore une fois c’est aisance et décontraction. Du tube en rafale, public conquis, ça chante le doigt pointé vers le plafond du chapiteau, c’est la teuf. Fuckin’ A !
SAVES THE DAY
Programmée au Groezrock l’année dernière puis absente pour cause de scénar semi-apocalyptique (nuages de cendres volcaniques dans l’atmosphère), la bande à Chris Conley est bien là, cette fois. Le gars a toujours l’air d’un kid, avec cette voix si particulière… je suis déjà quasi hypnotisé alors qu’ils commencent leur set. Avec en tête une liste de titres que j’espère entendre ce soir. Comme d’hab. Mais bon, relax Bob, laisse-toi porter par l’événement, puisque c’en est un, et un mahousse ! je m’inspire d’une formule pondue par mon pote Gwardeath, de mémoire : ils jouent mon morceau préféré ("Anywhere with youé), le morceau préféré de mes buddies présents, et votre morceau préféré… le chanteur baragouine un truc sur des pitits problèmes techniques mais c’est pas flag, tout se déroule sans accroc. Pur génie, tout le monde est à bloc, on mate juste du coin de l’œil pour ne pas se prendre un crowd-surfer sur la gueule. Ca tape dans In reverie, dans Stay what you are, Under the boards… et on a le droit à de nouveaux titres… smashé encore une fois, jusqu’au final épique lorsqu’ils jouent "At your funeral"… wa-hoo !
PIEBALD
J’ai toujours trouvées bancales les premières productions de ce groupe, mais quand ils ont sorti We are the only friends we have sur Big Wheel Recreation, ils sont passés à un palier supérieur. Inspiration maximum, variété des morceaux, le combo se faisait plaisir tout en nous faisant cadeau d’un classique instantané. Comme pour les autres groupes cités précédemment, on sent les mecs qui ont bouffé des miles dans leur van (qui tournait à l’huile végétale) et usé leurs pompes sur moult scènes. Ils ont l’air en vacances, ou en répète, ou de jouer à une party d’anniversaire dans un salon, mais ça envoie le boulet. La grande classe. Pour ne rien gâcher ça pioche pas mal dans ce fameux album dont je parle plus haut… avec Dina on compare les chairs de poules qui parcourent nos avant-bras, c’est le goosebump contest quoi ! Gros frissons lorsqu’ils envoient "American hearts" ! On se regarde, des sourires géants sur nos faces, on piaille les "HEY ! YOU’RE PART OF IT !" à s’en rendre aphone. Nouveau kick en règle, la marque fabrique de cette édition 2011 on dirait bien. Mais on s’y habitue pas pour autant, et c’est ça qui est génial.
Bon juste pour info, je me suis fait décalquer aussi par (sans ordre particulier): VEARA, TWIN ATLANTIC, ASKING ALEXANDRIA, UNDEROATH, WE CAME AS ROMANS, RUFIO, SUGARCULT, CIRCA SURVIVE, CIV, OF MICE AND MEN, THURSDAY et THE BLACKOUT… — Jackal Mickson











